Sur Titan, grand froid et pluie d'hydrocarbures

Sur Titan, grand froid et pluie d'hydrocarbures
Il ne fait pas bon vivre sur Titan. Mais l'astre gelé recèle de grandes quantités de grosses molécules à base de carbone, du genre de celles qui ont permis l'émergence de la vie sur Terre, il y a près de quatre milliards d'années. C'est ce qu'a découvert la sonde Huygens, qui s'est posée le 14 janvier dernier sur ce satellite de Saturne. Lors de cette mission-suicide, des images spectaculaires avaient soulevé un vif enthousiasme dans les laboratoires. L'analyse détaillée des résultats des six instruments de bord est publiée aujourd'hui dans sept articles de Nature.

Elle donne raison aux chercheurs qui avaient proposé cette mission à haut risque en pensant que Titan pouvait abriter une chimie complexe. Au terme d'un voyage de plus de sept ans à bord de la sonde américaine Cassini, la capsule de l'Agence spatiale européenne (ESA) baptisée Huygens avait mis 2 heures et 27 minutes pour traverser l'atmosphère de Titan, ce 14 janvier. Puis, pendant plus d'une heure, soixante-neuf minutes pour être précis, l'engin avait mesuré et transmis ses données à Cassini, qui a relayé ses informations vers la Terre.

A la surface de Titan, là où Huygens s'est posé, il fait un froid de canard : -179 °C. Hormis à haute altitude (430 km/h à 120 km), il y a peu de vent de surface : à peine 3,6 km/h. Mais l'air y est, comme prévu, irrespirable, marqué par une absence quasi totale d'oxygène et la forte concentration en un gaz très inflammable, le méthane. Il pleut de drôles de choses sur Titan. L'atmosphère contient en effet de grandes quantités d'aérosols, sièges de réactions chimiques produisant des molécules organiques, les «briques de la vie». La couche déposée au sol pourrait atteindre un kilomètre d'épaisseur.

«Chips». Comme l'eau sur terre, le méthane titanien fait l'objet d'un véritable cycle. Seule la température change : tandis que l'eau se solidifie à 0 °C et se vaporise à 100 °C, l'hydrocarbure gèle à -183 °C et se vaporise à -164 °C. Huygens a aussi révélé que Titan héberge des «chips» de méthane gelé, de grandes quantités de gaz, et aussi sa forme liquide. «Chaude», la sonde a même provoqué l'émission d'un jet de méthane-gaz après avoir touché la surface de l'astre. La surface de Titan a été façonnée par ces hydrocarbures. Elle recèle de véritables réseaux de rivières creusées dans l'épaisse glace par les pluies et des sources souterraines de méthane.

Volcan. Autre point commun avec notre planète, l'importante teneur en azote de l'atmosphère de Titan, formée à partir d'une atmosphère primitive riche en ammoniaque. La faible teneur de l'isotope 14 de l'atome d'azote laisse penser que l'astre ne contient plus en fait que le sixième de l'atmosphère qui présidait à sa naissance. Constat que contredirait l'analyse des isotopes du carbone si les chercheurs n'avaient une autre explication : il existe une source de régénération du méthane au fur et à mesure qu'il s'échappe dans l'espace. Par exemple, une activité volcanique souterraine.

Reste à découvrir où se cachent les gigantesques quantités de carbone qui manquent à l'inventaire. Sur Terre, celui-ci est stocké dans l'écorce planétaire, sous forme de roches carbonées. Sur Titan, il pourrait se trouver sous forme de méthane, piégé dans les entrailles de l'astre, ou sous une autre forme.

Source : Libération http://www.liberation.fr/page.php?Article=341725

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 15:06

Révélations de l'ESA sur l'étonnante météo de Titan

Satellite de Saturne de la taille d'une planète, Titan possède une météorologie spectaculaire marquée par un froid glacial, des nuages riches en carbone et en azote et peut-être des éclairs, ont annoncé mercredi des scientifiques de l'Agence spatiale européenne (ESA).
La sonde européenne Huygens, qui s'est posée sur Titan le 14 janvier, a collecté une moisson de données lors de sa descente et de son atterrissage sur l'astre. Les chercheurs de l'ESA ont étudié ces informations pendant des mois et ont rendu public le résultat de leur travail mercredi dans la revue Nature et lors d'une conférence presse à Paris.
Distante de 1,2 milliard de kilomètres, Titan intrigue depuis longtemps les astronomes. Seule lune du système solaire connue pour posséder une atmosphère épaisse, l'astre est entouré d'une épaisse couche d'azote et de méthane. En outre, les experts pensent que la Terre a pu lui ressembler avant l'apparition de la vie.
Les aérosols qui forment les nuages de Titan sont constitués de molécules comprenant du carbone et de l'azote, des éléments générés par le smog photochimique, soulignent les chercheurs dans Nature.
Les scientifiques de l'ESA estiment qu'il n'y aucune raison de penser que le méthane sur Titan est le résultat d'une activité biologique. Produit en abondance, il pourrait provenir de volcans de glace ou tomber sous forme de pluie, ont-ils expliqué.
Les chercheurs ont précisé que la température était de -179 degrés en surface. L'atmosphère de Titan possède des couches distinctes et pourrait être le siège d'éclairs.
Cette atmosphère pourrait être similaire à celle que la Terre a connue au début de son existence, et les chercheurs pensent que son étude pourrait fournir des indices sur la manière dont la vie est apparue sur notre planète.
Les premières analyses issues de la sonde Huygens ont été rendues publiques en janvier: des photos en noir et blanc ont révélé un terrain accidenté avec des crêtes, des pics, des canaux et ce qui ressemble à des lits de lacs asséchés.
Les chercheurs ont longtemps estimé que l'explication la plus plausible à la présence du méthane sur Titan était l'existence d'une mer d'hydrocarbures. Mais les éléments fournis par Huygens et son vaisseau-mère, l'orbiteur américain Cassini, ont contredit cette théorie.
Fruit d'une coopération entre la NASA, l'ESA et l'agence spatiale italienne, la mission Cassini-Huygens, lancée en 1997, vise à explorer Saturne et ses satellites.

Retrouvez cet article ainsi que des informations complémentaire sur http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2005/11/20051130-230947.html
Révélations de l'ESA sur l'étonnante météo de Titan

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 15:09

Titan en très gros plan: suivez la flèche !

Titan en très gros plan: suivez la flèche !
Les scientifiques qui analysent les photos radar prises par la sonde Cassini lors de son survol de Titan à basse altitude (1200 km) le 26 octobre 2004, ont découvert un dispositif en forme de flèche sur la surface du plus gros satellite de Saturne. Cette forme intéressante apparaît clairement au centre de l'image.
D'une taille d'environ 30 km, cette formation se compose de deux lignes droites qui se rejoignent. D'autres lignes rectilignes semblent "suivre" le coté gauche de la flêche et interagir avec une tache plus sombre. Les parties rectilignes pourraient représenter des ruptures ou des défauts dans la croûte glaciaire, ou avoir été formées par le vent dans un passé plus ou moins lointain.
La zone représentée ici fait environ 115 km de long sur 170 de haut et est située dans l'hémisphère nord de Titan.

Crédits: NASA
Retrouvez un dossier complet sur la mission Cassini-Huygens sur http://www.techno-science.net/?onglet=articles&article=13

Source :http://www.techno-science.net/index.php?onglet=news&news=546

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 15:13

La bonne étoile de Soho

La bonne étoile de Soho
Soho fête ses 10 ans. Lancée pour un programme de deux ans, perdue puis récupérée, la sonde est toujours dans l'espace et devrait y rester jusqu'en 2007.

2 décembre 1995. Au centre spatial Kennedy, en Floride (Etats-Unis), les scientifiques sont satisfaits. L'opération de lancement du satellite américano-européen Soho (observatoire du Soleil et de l'héliosphère) par la fusée Atlas II est un succès. Soho part à la conquête du Soleil. A bord, des équipements de prise de vue, des spectromètres, des instruments de mesure des vibrations du Soleil... doivent permettre d'étudier, à distance, les oscillations de l'étoile, le mécanisme de chauffage de la couronne solaire et les processus à l'origine du vent solaire...
La sonde spatiale est alors un véritable défi technologique de 10 mètres d'envergure, une fois ses panneaux déployés. En trois mois, elle parvient à sa destination. Son orbite se trouve au premier point de Lagrange (du nom du physicien français), à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, bien loin encore du Soleil, qui se situe, lui, à 150 millions de kilomètres de notre planète. C'est un point de l'espace propice à l'observation de l'astre parce que les forces de gravitation exercées par le Soleil et la Terre s'équilibrent. Rapidement, Soho recueille une moisson d'images spectaculaires, enregistre les séismes qui secouent le Soleil, détecte des éléments inconnus dans le vent solaire. Devant une telle richesse d'informations, l'ESA (l'Agence spatiale européenne) et la Nasa décident de prolonger sa mission.
Mais brusquement, le 25 juin 1998, le satellite ne répond plus. Les contrôleurs au sol du Goddard Space Flight Center de la Nasa, dans le Maryland (Etats-Unis), ont perdu tout contact avec la sonde à la suite d'une succession d'erreurs de programmation. Jean-Philippe Olive, ingénieur chez EADS Astrium, société spécialisée dans les systèmes satellitaires, a participé aux opérations de sauvetage. Il raconte : « Pour maintenir la sonde dans son orbite, il faut régulièrement procéder, depuis le sol, à des corrections de trajectoire. Or l'omission d'une commande lors d'une procédure a conduit le satellite à déclencher son mode de pilotage de survie. De plus, une autre commande permettant d'allumer un gyroscope, un équipement qui contrôle la vitesse du satellite, a elle aussi été oubliée. Enfin, une troisième erreur a mis hors circuit un second gyroscope.»

Enfin, un signal furtif fait renaître l'espoir

Soho prend alors de la vitesse sans que celle-ci puisse être détectée au sol. Il se met à tourner sur lui-même, perd sa position par rapport au Soleil et sa puissance. Les batteries se déchargent et les équipements s'éteignent. Il n'y a plus de communication avec la Terre.
Au centre de contrôle, c'est la consternation. Une équipe de sauvetage réunissant des spécialistes de l'ESA, de la Nasa et de EADS Astrium se mobilise. Elle va d'abord localiser le satellite à l'aide du radiotélescope d'Arecibo, à Porto Rico, qui va adresser une puissante impulsion radar en direction de la sonde, laquelle va renvoyer un écho radar. Au sol, on essaie alors d'entrer en contact avec les récepteurs du satellite. Mais Soho garde le silence durant six longues semaines. Puis, le 3 août, il émet durant quelques secondes un signal furtif qui fait renaître l'espoir. En fait, le satellite, sur son orbite, a récupéré de l'énergie grâce à ses panneaux solaires, éclairés par le Soleil un peu plus chaque jour. D'autres informations parviennent au sol. On sait que le réservoir et le carburant sont gelés de même que certains instruments exposés à des températures de - 50 °C à - 60 °C. On sait aussi que la sonde dispose de trente secondes d'énergie solaire à chaque rotation. L'équipe s'active alors à recharger les batteries puis à dégeler le réservoir, le système de propulsion et les équipements. «Parallèlement, on effectue une manoeuvre délicate pour ralentir la rotation du satellite et le pointer à nouveau vers le Soleil. On y parvient le 16 septembre», poursuit Jean-Philippe Olive.
Soho peut poursuivre sa mission. Et collecter encore et encore des images étonnantes. En jouant les prolongations, Soho a permis la découverte de plus de 1 000 comètes.

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 15:24

SETI@Home ne cherchera plus les petits hommes verts

SETI@Home ne cherchera plus les petits hommes verts
Le 15 décembre prochain, le populaire projet d'informatique distribuée SETI@Home mettra fin à son programme exclusif de recherche des extraterrestres. Mais le plus important Grid au monde continuera de partager ses ressources

Analyser les ondes radio en provenance de l'espace pour trouver des traces d'existence d'une vie extraterrestre... Le projet SETI@Home réunit depuis plusieurs années des centaines de milliers d'internautes qui partagent les ressources de leur matériel en les mettant à la disposition du réseau distribué lorsqu'ils ne sont pas actifs.
À partir du plus grand radiotélescope au monde, les ondes radio captées dans l'espace sont décryptées au travers de cet immense Grid mondial, chaque membre du réseau devenant actif lorsque son ordinateur passe en mode veille. Mais aucune trace d'ondes radio construites par une main alien n'a pu être mesurée jusqu'à présent !
Le projet est loin aussi d'être exempte de critiques. Certains scientifiques considèrent en effet que depuis des années il est un vaste gâchis de ressources qui auraient pu être consacrées à des choses plus utiles. Mais aussi une source potentielle de danger en termes de sécurité.
Le Fermi National Accelerator Laboratory a même suggéré récemment que des extraterrestres auraient pu glisser des signaux licencieux pour interférer sur les ordinateurs...
L'équipe du SETI ne met cependant pas fin à ses activités et rejoint un autre projet beaucoup plus large, le BOINC (Berkeley Open Infrastructure for Network Computing). Les projets de ce dernier, toujours basés sur le traitement distribué, portent sur la modélisation des changements climatiques, la biologie moléculaire et la physique des hautes énergies.
La recherche de petits hommes verts n'est pas pour autant abandonnée, mais les adhérents au SETI@Home vont désormais partager la puissance cumulée de leurs machines dispersées dans le monde avec d'autres projets scientifiques tout aussi nobles.
Le BOINC a indiqué qu'une fraction de la puissance de l'ordinateur connecté sera affectée à chaque tâche et que les nouvelles versions du programme seront téléchargées automatiquement.
Sur l'analyse des signaux radio, SETI@Home nouvelle version portera son attention sur de nouveau type de signaux, comme les pulsions faibles bandes émises par les étoiles noires, les pulsars rapides, et peut-être des vies issues d'autres mondes.
Pour les utilisateurs du nouveau projet, les changements seront sensibles aussi en matière de contrôle de l'utilisation de leurs ressources, avec par exemple la possibilité de définir des préférences en matière de bande passante et de période d'utilisation du CPU au travers d'un outil graphique au look 3D plus moderne.
En revanche, SETI@Home et BOINC ne sont pas des cas uniques et plusieurs projets informatiques distribués ont vu le jour dans les domaines de la recherche scientifique et médicale. L'an passé par exemple, IBM a lancé son propre projet, World Community Grid, consacré à la recherche sur le Sida, Alzheimer et le cancer. Il réunit plus de 100 000 membres qui exécutent plus de 170 000 ordinateurs à travers le monde.

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 15:31