L'Europe spatiale donne la priorité à ses lanceurs

L'Europe spatiale affiche sa préférence pour ses propres lanceurs et laisse percevoir son détachement envers les vols habités. Ces tendances ont marqué le conseil ministériel des 17 Etats membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) qui s'est achevé mardi 6 décembre, à Berlin. Pour la première fois de son histoire, cette instance a adopté un principe de priorité qui doit permettre qu'à terme tous ses satellites, ou presque, soient mis en orbite par des fusées "européennes". Le but de cette mesure : soutenir la technologie de l'Europe.
95 % du budget demandé par le conseil de l'ESA a été accordé, soit 8,255 milliards d'euros sur 5 ans. Dans ce cadre, le programme obligatoire est abondé de 3,1 milliards d'euros, dont 2,1 milliard pour les activités scientifiques, en hausse de 2,5 % pour compenser l'inflation..

Parmi les nouvelles missions, la surveillance globale pour l'environnement et la sécurité (GMES) obtient 52 millions d'euros de plus que l'enveloppe de 200 millions initialement prévue. La mission ExoMars et les autres composantes du programme Aurora, dont quelques études sur des missions lunaires, reçoivent 724 millions d'euros.
De fait, l'envoi en orbite d'un certain nombre de missions a échappé au centre spatial guyanais (CSG) de Kourou et à son lanceur vedette, la fusée Ariane. La sonde Venus Express, par exemple, a quitté la Terre à bord d'une fusée russe Soyouz tirée de Baïkonour (Kazakhstan). Le satellite Cryosat, détruit par son lanceur, est parti de Plesetsk (Russie) sur un ICBM russe reconverti, Rokot. La première pièce du GPS européen Galileo, dans quelques jours, comme le satellite chasseur d'exoplanètes Corot, dans plusieurs mois, partiront aussi sur des Soyouz.

Certes ces missions n'étaient pas toutes adaptées à la volumineuse coiffe de la toute nouvelle fusée Ariane-5 et donc de ce fait incapables de payer le prix demandé pour le tir d'un aussi puissant lanceur. Mission a donc été souvent confiée au consortium franco-russe Starsem de mettre en oeuvre pour ses missions le très économique lanceur Soyouz, dont l'arrivée prochaine à Kourou devrait intervenir en 2008.

Derrière la mesure de préférence de l'ESA se cache donc plus une volonté de couvrir toute la gamme des charges utiles, de 10 tonnes à quelques centaines de kilos, et d'offrir depuis Kourou les moyens de les mettre en orbite avec Ariane, mais aussi avec un Soyouz amélioré pour les charges moyennes et un petit lanceur italien, Vega, pour les charges modestes. En bref, s'armer pour mieux résister à l'émergence de pays "peu chers" comme l'Inde ou la Chine. Les lancements européens bénéficieront ainsi d'une vraie priorité, à moins que l'offre rivale ne soit inférieure de 25 % à celle proposée.

A Berlin, aux côtés des Français, les Italiens étaient ainsi les plus ardents défenseurs de cette préférence continentale à laquelle le directeur général de l'ESA, Jean-Jacques Dordain, n'a pas voulu donner qu'une dimension commerciale. Pour lui, l'ESA, en gagnant en autonomie, renforce sa cohérence. Encore que, trente ans après sa création, issue de la fusion d'un organisme gérant les lanceurs et d'un autre s'occupant des satellites, l'agence a toujours du mal à faire l'unanimité sur ses programmes qui sont souvent le fruit de compromis âprement négociés.

UNE STATION TROP COÛTEUSE

Français et Italiens auraient ainsi aimé assortir leur préférence européenne d'un signal de défiance envers la station spatiale internationale (ISS), victime des ennuis des navettes américaines, sous forme d'une baisse du budget de ce programme. Les Allemands, maîtres d'oeuvre du laboratoire Columbus qui attend d'être greffé à l'ISS, leur ont opposé la menace de bloquer la résolution sur les lanceurs. Pour des raisons politiques et économiques, l'Allemagne peut difficilement voir remis en cause un projet qu'elle défend depuis des années et qui soutient son industrie spatiale.

Français, puis Italiens, ont donc fini par accepter les 650 millions d'euros nécessaires à ce secteur. Non sans avertir que les choses seraient bloquées si certaines étapes-clés du calendrier de l'ISS n'étaient pas respectées. " On a tort de faire comme si tout allait bien avec l'ISS, maintenait, lundi soir, le ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche, François Goulard. Il faut sortir de ce jeu de dupes et ouvrir des discussions avec les Américains pour leur demander comment ils voient l'avenir si la station ne peut être complétée."

Ce rafraîchissement sur les vols habités s'est traduit par la mise entre parenthèses d'une participation au futur vaisseau de transport russe Kliper. "L'orientation de l'Europe spatiale penche nettement en faveur des missions robotisées, beaucoup moins coûteuses, ou du développement des services que peuvent rendre les satellites", estime M. Goulard. De fait, l'oeil fixé sur le total de leurs dépenses, les ministres n'en ont pas moins accordé un net soutien à ExoMars, robot qui doit partir à la recherche de traces de vie sur la planète rouge en 2011. Ce programme est même l'un des rares à rentrer de Berlin mieux pourvu qu'il n'y était arrivé.
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-718398@51-627749,0.html

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 11:51

Opportunity : un bras en moins et une bougie en plus sur Mars

Fin novembre, l'articulation de l'épaule d'Opportunity a connu une défaillance, et l'astromobile ne peut plus étendre son bras robotique pour faire des prélèvements. Si les Rovers montrent des signes d'usure indéniables, le robot Spirit n'en a pas moins fêté son premier anniversaire martien le 20 Novembre 2005. Ce sera d'ailleurs au tour d'Opportunity, le 12 Décembre, de souffler sa première bougie. A l'origine, ces robots avaient été conçus pour fonctionner pendant seulement 90 jours martiens, mais ils ont fait preuve d'une telle longévité que la NASA prévoit aujourd'hui de les exploiter jusqu'à fin 2006.

Retrouver cet article ainsi que des liens sur ces sujets sur : http://www.futura-sciences.com/news-opportunity-bras-moins-bougie-plus-mars_7774.php
Opportunity : un bras en moins et une bougie en plus sur Mars

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 11:56

Modifié le jeudi 21 juin 2007 16:38

Tempêtes sur la Lune

Tempêtes sur la Lune
Une expérience installée sur la Lune à l'époque des missions Apollo a fourni aux chercheurs des indices sur un bien surprenant phénomène qui semble se produire sur la ligne de partage entre le jour et la nuit lunaire. La fin du mystère des phénomènes lunaires transitoires ?

Sur la Lune, tous les matins, c'est à dire tous les 14 jours terrestres, lorsque le Soleil darde ses premiers rayons sur le sol recouvert de poussières après deux semaines d'une nuit glaciale, une bien étrange tempête se lève à la surface de l'astre des nuits.

La prochaine fois que vous verrez la Lune dans le ciel, ce soir par exemple, suivez du doigt, au bout de votre bras tendu, le Terminateur, la ligne qui sépare la partie éclairée de la Lune de celle restant dans l'ombre. C'est la que se lève la tempête. En fait, cette tempête n'a rien à voir avec celles que nous connaissons sur Terre. C'est une longue et étroite bande de poussières qui s'étire tout au long du terminateur, du pôle lunaire nord au pôle sud. Elle ondule à la surface de la Lune, accompagnant le terminateur tandis que le Soleil levant balaie lentement et inlassablement la surface lunaire.

Vous n'en avez jamais entendu parler ? Vous n'êtes pas seul dans ce cas. Mais les scientifiques sont de plus en plus certains de la réalité de ces tempêtes d'un genre bien particulier.

Des indices très concluants en ont notamment été fournis par une vieille expérience remontant aux missions Apollo, LEAM, l'acronyme de " Lunar Ejecta And Meteorites ", soit en français " Météorites et Ejectas Lunaires ".

" Ce sont les astronautes de la mission Apollo 17 qui ont déployé LEAM sur la Lune en 1972 " nous explique Timothy Stubbs, de la division " exploration du Système Solaire " du centre spatial Goddard de la Nasa. " Elle a été conçue pour étudier la poussière soulevée par les petits météoroïdes frappant la surface lunaire. "

Il y a des milliards d'années de cela, des météoroïdes frappaient presque incessamment la Lune, pulvérisant les roches de surface dont les débris poussiéreux se sont accumulés sur le sol. C'est naturellement de là que vient toute la poussière que l'on rencontre sur les premiers centimètres de la surface lunaire. Aujourd'hui, les impacts sont beaucoup moins nombreux, mais il y en a toujours.

À l'époque des missions Apollo, les scientifiques souhaitaient connaître la quantité quotidienne de poussières soulevée par les impacts quotidiens, ainsi que leurs propriétés. LEAM devait répondre à ces questions grâce à trois capteurs qui enregistraient la vitesse, l'énergie et la direction de ces minuscules particules. Un de ces capteurs était dirigé vers le haut, et les deux autres respectivement vers l'est et l'ouest.

Il se trouve que les données récoltées par LEAM furent si étranges qu'elles sont aujourd'hui à nouveau examinées par plusieurs groupes indépendants de chercheurs de la Nasa mais aussi d'universitaires. Gary Olhoeft, professeur de géophysique à l'école des mines de Golden, au Colorado, est l'un d'eux.

" À la surprise générale, LEAM enregistra la présence d'un grand nombre de poussières lors de chaque matin lunaire, provenant de préférence de l'est ou de l'ouest, en tous les cas nettement plus que du dessus ou du dessous, et tout aussi nettement moins rapides que ce que l'on était en droit d'attendre de poussières projetées par un impact. "

Quelle pouvait bien être la cause d'un tel phénomène ? Stubb a sa petite idée : " La portion éclairée de la surface lunaire est chargée positivement, et la partie plongée dans la nuit est en revanche chargée négativement. À la frontière mouvante entre les deux régions, les poussières chargées électrostatiquement seraient poussées latéralement par des champs électriques horizontaux à l'avance du terminateur. "

Plus surprenant encore :" Quelques heures après chaque lever de Soleil lunaire, la température du bloc expérimental montait si haut (près de 100 °, la température de l'eau bouillante) qu'il fallait désactiver LEAM pour éviter la surchauffe. Cette dernière observation insolite pourrait signifier que la poussière lunaire électriquement chargée se collait au boîtier de LEAM, assombrissant sa surface au point de lui faire absorber le rayonnement solaire au lieu de le réfléchir ", spécule Olhoeft.

En réalité, personne n'en a la preuve formelle : LEAM ne resta opérationnelle que très peu de temps. Seules 620 heures de données furent recueillies durant la glaciale nuit lunaire, et à peine 150 heures pendant les torrides journées. Puis les capteurs furent désactivés, et le programme Apollo prit fin.

LEAM n'a sans doute pas été la seule à être témoin de ces tempêtes de poussières. Les astronautes aussi. En orbite autour de la Lune, les équipages des missions Apollo 8, 10, 12 et 17 ont réalisé des croquis de " bandes " ou de " rayons crépusculaires " au travers desquels la lumière solaire était apparemment filtrée par de la poussière située au-dessus de la surface lunaire. Cela se produisait avant chaque lever ou coucher de Soleil sur la Lune. Les sondes lunaires Surveyor ont également photographié de crépusculaires " lueurs " à l'horizon, très semblables aux témoignages rapportés par les astronautes.

Certains avancent même l'idée selon laquelle ces tempêtes pourraient être visibles depuis la Terre. Depuis des siècles, des astronomes rapportent avoir observé d'étranges lueurs sur la Lune, regroupées sous le terme générique de " phénomènes lunaires transitoires ". Certains de ces phénomènes présentent en effet un aspect très fugitif, prenant la forme de brefs éclairs que l'on attribue généralement à des impacts de météoroïdes sur le sol lunaire. Mais d'autres sont beaucoup plus difficilement explicables, comme des lueurs rougeâtres ou blanchâtres, évoquant même parfois l'aspect d'un banc de brume aux contours changeants, et qui peuvent rester visibles pendant plusieurs minutes. Les premières tentatives d'explication de ces phénomènes, qui n'ont jamais convaincu personne, allaient d'émanations de gaz volcaniques jusqu'à de prétendues activités d'entités extraterrestres, en passant plus généralement par la trop grande imagination des observateurs...

Mais une nouvelle explication scientifique gagne actuellement du terrain. " Il se pourrait bien que tous ces phénomènes lunaires transitoires soient en fait dus aux reflets de la lumière solaire sur les panaches de poussières lunaires soulevées électrostatiquement " suggère Olhoeft.

Bien sûr, cette éventualité ne laisse pas la Nasa indifférente dans la mesure où, d'ici 2018 environ, elle aura renvoyé des astronautes sur la Lune. Contrairement à ceux des missions Apollo, qui menèrent toutes leurs opérations au cours d'un seul et même jour lunaire, les nouveaux explorateurs lunaires vont y établir une base permanente. Et au petit matin, ils seront sur le terrain lorsque se lèvera la tempête. Le mur de poussière qui en résulte, si tant est qu'il existe bel et bien, est peut être si fin qu'il est en réalité quasiment invisible, en tous les cas sans danger. Ou peut être pas... Peut-être est-il capable d'encrasser les combinaisons et les parois des installations au point de les mener à la surchauffe, comme cela semblait être le cas pour LEAM.

Quelle peut bien être la réponse ?

Celle de Stubbs a le mérite de la franchise : " La Lune a encore bien des choses à nous apprendre "...

Pour plus d'informations, http://www.cidehom.com/science_at_nasa.php?_a_id=235

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 14:47

Cassini révèle des panaches glacés au-dessus d'une lune de Saturne

Une des lunes de saturnes projète des particules glacées dans l'espace à partir de la région de son pôle Sud, ce qui constitue un signe certain d'activité géologique, rapportait mardi la NASA.

De récentes images captées par l'engin Cassini révèlent ce qui au premier regard ressemble à l'étroit croissant d'une éclipse solaire, avec des panaches de particules éjectées de la lune saturnienne Enceladus.

«Pour des explorateurs planétaires tels que nous, il n'y a rien de plus existant que la découverte d'activité sur un autre corps céleste de notre système solaire», a expliqué Carolyn Porco, chef de l'équipe d'imagerie de Cassini au Space Science Institute de Boulder, Colorado.

«C'est certes l'un de nos résultats les plus remarquables.»
Les chercheurs soupçonnent que les multiples jets de particules apparaissant sur les images transmises par Cassini proviennent de fractures chaudes appelées zébrures.

Un faible panache s'étire à presque 500 km de la surface d'Enceladus, qui ne fait elle-même qu'un diamètre de 483 km. Andrew Ingersoll, membre de l'équipe d'imagerie du California Institute of Technology de Pasadena, croit quant à lui que les images montrent des particules de glace sous forme de jets de vapeur d'eau émanant d'évents sous pression.

La vapeur doit présenter une certaine densité pour transporter ces particules, ce qui, selon Ingersoll, «implique des températures étonnamment élevées pour un astre froid comme Enceladus.»

La mission Cassini-Huygens est un projet conjoint de la NASA et des agences spatiales européenne et italienne.
Cassini révèle des panaches glacés au-dessus d'une lune de Saturne

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 14:50

Photos du survol en rase-mottes de Cassini à 500 km de Rhéa

Pour voir de splendide photos du survol en rase-mottes de Cassini à 500 km de Rhéa comme ci-contre, je vous donne rendez-vous sur http://www.techno-science.net/index.php?onglet=news&news=2108
Autre article sur ce sujet : http://www.flashespace.com/html/dec05/07_12.htm
Photos du survol en rase-mottes de Cassini à 500 km de Rhéa

# Posté le jeudi 08 décembre 2005 14:56